L'éphéméride
Quelques événements du 27 AVRIL

27 avril 1521
Mort de Ferdinand Magellan, qui s'est immortalisé par ses découvertes. En 1520, après un an de recherches, Magellan, qui avait avec lui trois bâtiments, découvrit enfin, entre l'Amérique du Sud et la Terre de Feu, un détroit environné de montagnes très élevées et couvertes de neige. Etait-ce enfin le passage qu'il cherchait pour doubler le continent et rejoindre l'autre océan qui permettait d'atteindre vraiment les Indes ? Laus ce détroit pouvait être aussi l'embouchure d'un fleuve ou d'une simple baie très profonde. Magellan envoya alors en reconnaissance deux de ses trois navires.
Deux jours plus tard, alors qu'on les croyait perdus, les deux bateaux réapparurent, tous pavillons dehors, et tirant des coups de bombarde. Tous les hommes étaient sur le pont et poussaient des cris de joie. Le passage, qu'ils venaient de découvrir, était bien un bras de mer reliant deux océans. Un jour, celui-ci sera le détroit de Magellan et Magellan le baptisa Canal de la Toussaint, en raison de la date du calendrier. Il mesurait six cents kilomètres. Il fallut un mois pour le franchir. Puis l'expédition pénétra dans l'océan Pacifique que l'on baptisa ainsi à cause de ses eaux calmes. Et le nouvel océan fut salué par une superbe salve d'artillerie.
Cependant, les difficultés à bord des trois navires s'aggravaient de jour en jour. Un des officiers du bord, Pigafetta, a laissé un récit de ce voyage. « Le biscuit que nous mangions, écrit-il, n'était plus du pain, mais une poussière mêlée de vers qui en avaient dévoré toute la substance, et qui, de plus, était d'une puanteur insupportable, étant imprégnée d'urine de souris. L'eau que nous étions obligés de boire était également putride et puante. Nous fûmes contraints, pour ne pas mourir de faim, de manger les morceaux de cuir de boeuf dont on avait recouvert la grande vergue pour empêcher que le bois ne rongeât les cordes... »
Les hommes de l'équipage étaient à deux doigts de se mutiner à nouveau pour exiger le retour en Espagne lorsque, enfin, la flotille atteignit, le 16 mars 1512, après trois mois de navigation, des îles qui semblaient très accueillantes. Ils purent s'y reposer et faire provision d'eau fraîche et de nourriture. Magellan nomma ces îles Philippines en l'honneur de l'Infant d'Espagne, le futur Philippe II.
Au début, tout semblait bien devoir se passer. Les indigènes se montraient soumis. Ils procuraient de l'or et des épices. Certains de leurs chefs se convertirent même au catholicisme. Mais peu à peu les rapports se tendirent. Les matelots espagnols profitèrent certainement avec beaucoup d'abus des femmes indigènes. Enfin, un jour, les Espagnols, au cours d'un petit combat, perdirent leur réputation d'invincibilité. Magellan avait voulu réprimer la révolte d'une petite île, l'île de Zébu, où régnait le roi Sliapulapu. Les Espagnols furent accueills par une pluie de flèches. Ils n'étaient que cinquante-six contre mille cinq cents indigènes et Magellan fut tué à coups de pierres et de lances.

27 avril 1702
Mort de Jean Bart. Il était né à Dunkerque ; son père était un pauvre pêcheur. Peu d'hommes sont plus connus et plus aimés du peuple que lui. Son nom sert à désigner la franchise rude et brusque unie au courage. On cite à plaisir toutes les anecdotes de son voyage à la cour. Il parvint au grade de chef d'escadre, et en 1694 une victoire qu'il remporta sur l'amiral Hidde lui fit donner des lettres de noblesse. Il mourut dans sa ville natale, d'une pleurésie, à l'âge de cinquante-cinq ans.

27 avril 1784
Première représentation du Mariage de Figaro de Beaumarchais. Trois cents personnes dînèrent à la comédie dans les loges des acteurs ; trois malheureux furent étouffés dans la foule à l'ouverture des bureaux : on ne sortit du spectacle qu'à dix heures du soir ; c'était alors une heure indue. A la soixante-quatorzième représentation, Beaumarchais, âgé de cinquante-cinq ans, fut envoyé à Saint-Lazare.

27 avril 1803
Mort de Toussaint-Louverture. Né à Saint-Domingue, d'un père et d'une mère esclaves, il fut d'abord pâtre, ensuite cocher, et plus tard surveillant des nègres ses compagnons. La révolution de Saint-Domingue le porta successivement aux grades de général de brigade, de général de division, et enfin de général en chef des armées de Saint-Domingue. Dans ses lettres à Bonaparte, il écrivait : Le premier des noirs au premier des blancs. Ce fut une trahison qui le rendit prisonnier de la France. Il est mort enfermé au château de Joux, près de Besançon.