L'éphéméride
Quelques événements du 28 FÉVRIER

28 février 595
Ordonnance de Childebert contre les assassins, dont le premier article porte que « quiconque aura tué un autre méchamment et sans raison, soit puni de mort, sans qu'il puisse se racheter par aucune composition. » C'est qu'anciennement tout meurtrier pouvait racheter sa vie, en donnant une certaine somme aux parents de celui qu'il avait tué.

28 février 613
Supplice de la reine Brunehaut (ou Brunehaud, ou Brunichilde), épouse de Sigebet Ier, roi d'Austrasie, et mère de Childebert II. Thierry, roi de Bourgogne, avait laissé en mourant quatre fils, dont le plus âgé n'avait que dix à onze ans ; mais ils furent trahis par leurs propres sujets et livrés à Clotaire, qui les fit égoger. Cette cruelle exécution n'était que le prélude d'une autre encore plus barbare. Brunehaut restait ; la vengeance de Clotaire n'était point pleinement assouvie, ni ses inquiétudes entièrement dissipées. Il se fit amener cette princesse à la tête de son armée, lui fit des reproches aussi indécents qu'infondés, lui imputant des crimes qui étaient, pour la plupart, ou ceux de sa mère ou les siens. La soldatesque criait qu'elle méritait la mort. On la tourmenta durant trois jours ; on la promena par tout le camp sur un chameau ; on lui fit mille insultes et mille indignités ; on l'attacha à la fin à la queue d'un cheval indompté qui, la traînant sur les cailloux, et à travers les ronces et les épines, l'eut bientôt mise en pièces. Les restes de son corps furent livrés aux flammes et réduits en cendres.
Ainsi périt, du genre de mort le plus affreux, l'épouse du plus grand monarque qui eût encore régné sur la France ; la fille et la mère de tant de rois ; cette reine que l'évêque Fortunat nous dépeint sous l'image même des grâces et de la beauté ; que Grégoir de Tours nous propose comme un modèle de décence, de vertu, de sagesse et de douceur ; que Saint-Grégoire, pape, nous représente occupée à tout ce que la religion exige d'une pieuse reine, d'une vertueuse régente, et d'une mère véritablement chrétienne. Rien n'est si suspect que ce qui a été décrit contre la mémoire de cette princesse. Il fallait quelques prétextes pour couvrir l'horreur et l'infamie du supplice auquel on n'eut pas honte de la condamner. Il ne fut pas difficile à un roi qui venait d'usurper deux royaumes, et à tant de seigneurs qui avaient favorisél'usurpation, de surprendre la crédulité des peuples, en répandant mille bruits injurieux.

28 février 1012
Les Sarrasins abordent en Italie par mer. Ils seront battus, et leur reine ayant été faite prisonnière, on lui coupera la tête. Le roi maure, furieux de la mort de sa femme, enverra au pape un grand sac rempli de châtaignes, en lui faisant dire que l'été suivant, il ramènerait autant de soldats contre lui. Le pape lui reverra, par son messager, le même sac rempli de grains de millet, ajoutant que, s'il revenait, il trouverait autant de guerriers capables de soutenir ses efforts.

28 février 1791
Journée dite des poignards. Depuis quelque temps déjà le bruit se répandait qu'on transportait, toutes les nuits, au donjon de Vincennes des armes, des canons, des munitions de toute espèce, et qu'il existait depuis les Tuileries jusqu'à Vincennes un souterrain secret par où le roi et la famille royale devaient s'évader. Aussitôt une foule innombrable s'ébranle pour aller démolir le donjon. D'un autre côté, trois cents particuliers, la plupart militaires ou députés à l'assemblée nationale, redoutant une diversion funeste, se réunissent au château pour défendre la personne du roi. Presque tous étaient armés ; l'amour-propre de la garde bourgeoise qui était de service ne pouvait manquer d'être blessé ; bientôt des ombrages s'élevèrent, des défiances furent semées ; la garde nationale s'échauffa et menaça de désarmer tous ceux qui occupaient les appartements du roi, lequel, instruit de la fermentation qui régnait, sortit de son cabinet et invita les personnes armées à déposer leurs armes : ils obéirent et se retirèrent.
En sortant, une partie de la garde, postée sur leur passage, la baïonnette au bout du fusil, voulut les fouiller et les fouilla, excepté MM. de Beauharnais, député de Paris, et Chabert, chef d'escadre, qui déclarèrent qu'ils ne seraient fouillés que morts, et qui passèrent librement. Huit autres furent arrêtés et conduits à l'Abbaye. La garde nationale entra ensuite dans les appartements, et s'empara de tous les pistolets.

28 février 1800
La constitution de l'an VIII est ratifiée par plébiscite. La raison d'être de ce plébiscite est de donner le pouvoir aux trois consuls désignés par Sieyès, que sont Bonaparte, Cabacéres et Lebrun ; il a été appliqué avant même que les résultats, truqués, ne soient connus.