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EN CE TEMPS-LA FACHES-THUMESNIL

LES REFUGIES ET RAPATRIES DE FACHES-THUMESNIL.

L’accueil des rapatriés en Suisse :

Rapatriés français à Genève, 1915 - éditeur Julien Frères.

Mademoiselle Chaptal est à Schaffhousen en Suisse en avril 1915, pour assister à l’arrivée d’un des premiers convois de rapatriés [note] :

"Voici le convoi, le train s’approche, il s’arrête. Aux fenêtres des têtes d’enfants et déjà, des portières, descendent des femmes. Elles sont nu-tête, les vêtements pauvres et fanés, apparence d’indigentes. Puis des enfants de tous âges ; des vieillards, des infirmes, un homme avec deux jambes de bois sort péniblement d’un wagon … Le défilé lamentable commence, sur ce quai de gare, et les gens ont froid. Leurs yeux cherchent, on sent qu’ils ne savent pas où ils se trouvent. Et devant cette foule anonyme qui apparaît ainsi dépouillée de toute personnalité, le cœur se serre, les yeux se voilent. On voudrait leur parler, on est pris à la gorge par une impression violente qui paralyse … Mais le temps n’est pas aux mots, il faut agir. Les dames du Comité suisse agissent, plus braves que moi. Je les suis. Autour des malheureux, elles s’empressent … Elles soutiennent les vieux, elles portent les bébés, elles reposent les infirmes. Jusqu’à dix heures et demie du soir, heure où le convoi repartira pour la France, elles ne les quitteront plus. Les soldats suisses, peu sévères, quoique fidèles aux consignes données, s’empressent autour des évacués. Par petites escouades, trente à cinquante à la fois, ils vont les faire sortir de la gare, les conduire dans la ville ou des restaurants les attendent pour les réconforter, pour un goûter chaud … A une famille voisine je demande

"D’où venez-vous ?"

"J’habitais le village de X, dans le Pas de Calais, entre Arras et Béthune ; un matin on nous a fait venir à la mairie, à six heures, sans nous dire pourquoi, je faisais le café, on est parti avec les enfants sans l’avoir pris et puis, à la mairie, on a attendu deux heures sans pouvoir s’en aller. Alors ils ont fait un appel nominal et puis ils nous ont fait partir sans nous laisser rentrer chez nous pour emporter quelque chose ; on est parti comme çà, comme on est."