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EN CE TEMPS-LA FACHES-THUMESNIL

Geslot Voreux

Nord Eclair du 1er août 1984 :

L’INCENDIE DE GESLOT-VOREUX : PEUT-ETRE UN ACTE CRIMINEL

Après le violent incendie de la nuit de samedi à dimanche, la biscuiterie Geslot-Voreux n’est plus que décombres. Pourtant, dérisoire, la "petite Alsacienne" occupe encore sa place en haut du mur qui jouxte la voie ferrée. Faut-il y voir un symbole de pérennité pour cette entreprise qui naquit en 1912 ? Sans doute est-il encore trop tôt pour le dire. Aucune décision n’a encore été prise par la direction de Générale Biscuit qui devrait statuer rapidement sur le sort de l’entreprise et sur celui des 220 salariés. Une entreprise spécialisée a procédé hier matin à l’ouverture d’une brèche dans la toiture afin de permettre aux engins de levage de sortir les machines indemnes. Ensuite, la façade arrière des bâtiments sera abattue de manière à éviter qu’elle ne s’écroule sur la voie ferrée. Ensuite : on verra. L’hypothèse d’un acte criminel n’est pas exclue. Une enquête est donc ouverte qui s’efforcera de déterminer les causes exactes du sinistre qui, rappelons-le, s’est déclaré dans les sous-sols de l’entreprise, gagnant rapidement les niveaux supérieurs. Enfin, si l’unité ronchinoise de Générale Biscuit - un des leaders du marché français et troisième mondial de sa spécialité - avait connu quelques difficultés liées à une conjoncture défavorable, l’activité de l’entreprise "Sablé des Flandres" et "Millefeuilles" était assurée jusqu’à la fin de l’année. Toutefois, même si le groupe est solide, Générale Biscuit risque maintenant de souffrir de la situation sur un marché particulièrement âpre où il faut sans cesse innover.

La Voix du Nord du 3 août 1984 :

APRES L’INCENDIE DE L’USINE GESLOT-VOREUX LA DEMOLITION EST INEVITABLE.

Nous avons largement relaté en pages régionales l’important incendie qui a complètement détruit Geslot-Voreux bâtie à la limite des communes de Faches-Thumesnil et Ronchin mais dont le siège social est à Faches-Thumesnil. Jeudi, c’était encore l’incertitude à plusieurs niveaux. D’une part la grue de 35 tonnes terminait de déménager par le toit les fours et divers matériels non directement touchés par les flammes et qui, après une sérieuse révision chez les fournisseurs, pourraient à nouveau entrer en service. D’autre part, les sapeurs-pompiers (dont plusieurs officiers supérieurs) ont tenu jeudi après midi une réunion avec les dirigeants de l’usine pour mettre en place des moyens appropriés. Jeudi après-midi, de petites lances étaient encore en place pour noyer les décombres, la fumée s’en dégageant à nouveau. En fait, on a appris que l’usine était construite sur des champignonnières et que les matières grasses s’y sont vraisemblablement infiltrées entretenant ainsi le foyer tout en compromettant sérieusement la solidité des vestiges encore debout. Pour sa part, la direction s’active : premièrement à s’attacher à ce que le personnel actuellement en congé (150 environ) et celui au travail (70 personnes) touche tout à fait normalement la paye d’août et soit pris en charge en septembre par les organismes concernés. Ce qui ne posera, semble-t-il, pas de problème. En second lieu, il s’agit d’évacuer vers différents entrepôts (Lesquin, Athis-Mons, région rémoise) le maximum de matériel récupérable ainsi que le stock de matière encore utilisable. Troisièmement enfin, et çà n’est pas le moindre, tenter de dégager des pistes pour l’avenir. L’usine doit être rasée, c’est évident. La reconstruira-t-on sur place ? Un membre de la fédération C.G.T alimentaire nous a fait part de son inquiétude, souhaitant être fixé rapidement sur les intentions de la direction générale, alors que l’on parle effectivement beaucoup dans le groupe Générale de Biscuiterie Française (dont fait partie l’usine Geslot), de restructuration. Il semble de toute manière que rien ne sera décidé avant la fin du mois ou au tout début de septembre, une réunion du comité central d’entreprise devant alors être convoquée. Dernier point : à la mairie de Faches-Thumesnil on nous a signalé s’être mis à la disposition de la direction locale, mais les élus ne peuvent guère faire beaucoup plus dans un premier temps. La part de l’usine Geslot-Voreux représente 7% de la taxe professionnelle versée à la commune, cela n’est pas mince…

Pendant ces vacances l’usine qui n’a pas fermé ses portes tourne avec une équipe au lieu de deux. Celle du mois de juillet était partie en congés vendredi 27 juillet à 14h. Celle d’août devait la remplacer le 31 juillet à 04h. Les salariés, de retour de congés, attendent derrière les grilles. Dans cet incendie, on ne peut s’empêcher de penser que le hasard a joué un drôle de rôle. Le feu a d’abord pris dans les sous-sols où se trouvent entreposés les cartons d’emballage. La direction générale avait jugé peu avant le sinistre que ce stockage n’était guère satisfaisant sur le plan de la sécurité. La construction d’un nouvel entrepôt, à Lesquin, avait permis de transférer en juillet le tiers de ce cartonnage. Le reste devait suivre au mois d’août.

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