En ces périodes de crises économiques et sociales, il devient agréable de se pencher sur les " futilités " du passé, non comme une nostalgie inutile et douloureuse mais comme des " joyeuses madeleines " (merci M. Proust). Sans amertume…

Les dames, natives du Nord - Pas de Calais, penseront à ces " délicieuses traditions " : celles des cartes postales envoyées pour les fêtes de novembre et décembre.

Sainte Catherine, 25 novembre

Parmi celles-ci, elles se souviennent, sans doute avec tendresse, de la Sainte Catherine.

Le 25 novembre, jour de la Sainte Catherine, est le jour des Catherinettes. On y fête les jeunes filles de vingt cinq ans qui ne sont pas encore mariées.

Née à Alexandrie au sein d'une famille noble, Sainte Catherine se convertit au christianisme à la suite d'une vision. Jésus, ému par sa ferveur, contracte avec elle un mariage mystique sous les yeux de Marie et de la Cour céleste. Très intelligente, elle suit les cours des plus grands maîtres chrétiens et on dit qu'elle réussit à démontrer à cinquante grands philosophes d'Alexandrie la vanité des idoles et la fausseté de leur foi, jusqu'à les convertir tous. Impressionné, l'empereur Maxence lui propose un mariage royal, qu'elle refuse par fidélité envers son mari mystique. Humilié, l'empereur lui fera subir le supplice de la dislocation des membres sans succès, puis le supplice de la roue duquel elle sort indemne. Elle finira décapitée le 25 novembre 307 et deviendra la seule Sainte du paradis à posséder trois auréoles : la blanche des vierges, la verte des docteurs et la rouge des martyrs.

Cette sainte est également honorée dans d’autres régions où la tradition est de " coiffer Sainte Catherine ". Cela signifie " ne pas être mariée à vingt cinq ans " et laisse penser avec tristesse à ces pauvres Catherinettes célibataires !

Dans notre région, au contraire, quel plaisir de recevoir ces cartes de Sainte Catherine! Ainsi dès la puberté et jusqu’au mariage, les jeunes filles étaient honorées le 25 novembre. Les centres de tris postaux étaient alors submergés de cartons remplis de cartes envoyées à ces demoiselles, se souvient Mr Lustremant. Les filles comptaient ces précieuses cartes et les rangeaient "amoureusement" dans des boites ou mieux dans des albums, doux parfum de nostalgie, souvenir fugace de jeunesse… Ces cartes restent aujourd’hui les témoins d’une société valorisant jadis le statut de future épouse. Les temps ont bien changé !

Nous vous présentons ici quelques unes de ces jolies cartes, extraites de la collection que nous a aimablement prêtée Madame Anna Willemot.