Jusqu’en 1760, la poste n’avait fait le transport des lettres que de ville à ville. Impossible d’écrire à l’intérieur de la capitale, impossible de faire porter un pli, du moins officiellement, d’un quartier à un autre.

Un particulier, Monsieur Piarron de Chamousset, va obtenir par lettres patentes du 5 mars 1758 l’autorisation de se charger de la distribution dans Paris des lettres de la ville pour la ville. Un premier essai de ce genre, tenté en 1653 par Monsieur Renouard de Villayen, n’avait pas abouti. Ce service de distribution du courrier était certainement trop " révolutionnaire " pour l’époque. Mais, en 1760, Piarron de Chamousset, dans son plan d’administration de la Poste de Paris, officialise l’organisation de la Petite Poste de la capitale qui commença à fonctionner le 9 juillet 1760. La première année d’exploitation rapporta 50.000 livres à son inventeur. Neuf bureaux furent créés ainsi qu’un service spécial pour la banlieue. Des boîtes aux lettres différentes de celles de la grande poste sont installées. Les bureaux se voient dotés de facteurs qui assument la distribution trois fois par jour à l’intérieur de Paris et relevant le courrier jusqu’à neuf fois par jour. Pour la première fois, c’est l’expéditeur qui paye la taxe, de deux sols pour un pli envoyé à Paris intra-muros, trois sols pour la banlieue et six sols pour remise à la grande poste et transfert vers une autre ville. Piarron de Chamousset ne jouit pas longtemps de son invention, il en fut dépossédé en 1763, recevant une rente viagère de 25.000 livres.

Le système de la Petite Poste fait des émules : Bordeaux en 1766, Lyon, Nantes et Rouen en 1778, Nancy en 1779, Strasbourg en 1780, Marseille l’année suivante et enfin Lille en 1784 …