Toinette et Grand-mère préparent le café.

cliquez pour agrandir...Toinette : Grand-mère, il faut que je te remercie (elle l'embrasse). Je suis si contente que tu ai insisté auprès de maman pour que mon amie Charlotte et son frère Léon viennent passer ce dimanche de ducasse avec nous. Maman était si préoccupée par l'accueil de la cousine Rosa. Mais moi, je ne la connais pas, et si gentille soit-elle, la cousine Rosa, j'avoue que j'aurais craint de m'ennuyer un peu. Tandis qu'ainsi je suis certaine de passer un bon moment avec mon amis Charlotte !

cliquez pour agrandir...Grand-mère : (malicieuse) Et son frère Léon !
Toinette : (sourire d'aveu complice) … Mais… Grand-mère, tu sais bien que Charlotte fréquentait comme moi le pensionnat des Dames de la Ste Union à Fives.
Grand-mère : Mais oui, mais oui, ma petite Toinette ! Bien sûr… A propos, sais-tu pourquoi tes parents t'avaient mise en pension à Fives ?
Toinette : Oui oui, grand-mère, tu me l'as déjà raconté !
Grand-mère : C'est que ta mère était très amie étant jeune avec les filles Hurtevent.
Toinette : Je sais, Grand-mère…
Grand-mère : Elles étaient toutes les trois à l'Ecole des Sœurs de la Sainte Union de Faches quand en 1881 sont passées ces fameuses lois laïques de monsieur Jules Ferry…
Toinette : Je sais, je sais, Grand-mère…
Grand-mère : Mais attends, ma petite Toinette ! Assieds-toi. Le papa de ces demoiselles, Anne, Henriette …
Toinette : Et Marie Ange.
Grand-mère : et Marie Ange, oui, monsieur Hurtevent, donc, était le directeur de l'école communale de garçons, l'école officielle et d'après la nouvelle loi, son école devenait "école de garçons et de filles".
Toinette : Oui et il a du retirer ses filles de l'Ecole des Sœurs pour les inscrire dans son établissement…
Grand-mère : Et bien non, Toinette, car il voulait à toutes fins les laisser chez les sœurs, il a préféré demander sa mutation à Templemars et mettre ses filles à Fives dans un pensionnat de la même congrégation.
Toinette : Et grand-père et toi vous avez inscrit maman avec elles. Et, tu as persuadé mes parents de m'inscrire au même pensionnat !
Grand-mère : Ah bon, tu sais çà, ma petite Toinette ?

Entre Marie.

Marie : Le pain et les tartes seront cuits juste à point pour l'arrivée de la cousine Rosa. Mais nous aurons besoin de beurre en supplément pour demain. Toinette, il faudrait mettre le chien à la roue.
Grand-mère : Et quand ton frère sera rentré avec les conscrits, il faudra qu'il aille au puits remplir les brocs de la chambre d'amis.
Marie : Cà lui fera sans doute du bien de voir de l'eau ! çà fait trois jours qu'il fête le Conseil de Révision.
Toinette : Au fait, maman, le marchand de moutardes est passé hier à Faches. Il passe toujours avant la ducasse !
Grand-mère : Il sent les frites le malin !
Toinette : Mme Defretin nous en a pris trois louches. Il faudra lui rembourser.

cliquez pour agrandir...La voix d'Aurélie : Attendez, attendez, Grand-mère ! Vous savez bien ! A mon âge, on aime bien parler du passé. Alors j'abuse peut-être de votre patience en interrompant tout le temps les conversations. Mais j'entends qu'on parle des puits. L'eau courante n'était pas installée à l'origine du village, bien sûr. Les habitants allaient puiser l'eau, un puits desservait plusieurs maisons. Et, quelquefois, des querelles naissaient autour de son entretien … ou de son utilisation ! Je crois que le dernier puits qui existe encore avec de l'eau potable, c'est au 53 rue Kléber, chez Mlle Verclisse.

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Photos des vieux métiers, extraites de la vidéo de la pièce enregistrée par l’Atelier Régional de Communication
et qui illustraient les propos d’Aurélie ci-dessus, dans la pièce originale.

Alors, sur cette photo, vous voyez un homme qui porte des pains faits maison. Ils sortent du fournil, tout chauds, comme ceux que fait Marie…
Quant au marchand de moutarde, c'est un des petits métiers qui passaient au village de temps en temps. Il portait deux seaux de moutarde suspendus à un joug et la servait à la louche.
Il y avait aussi le marchand de peaux de lapins qui criait : "Peaux de lapins…peaux!", le rempailleur de chaises, le repasseur de couteaux. Et puis le raccommodeur de porcelaine. Ah, c'est vrai, j'ai oublié de vous expliquer la roue à chien ! ans certaines fermes, on actionnait encore la baratte à beurre par le mouvement d'une roue. C'est un chien qui, marchant à l'intérieur, la faisait tourner.

On frappe … Mais attendez, il me semble avoir entendu frapper. Dîtes, Grand-mère ! Dîtes, il me semble avoir entendu frapper !