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Mais là ne s'arrête pas notre article sur Daniel Duclaux. Grand capitaine d'industrie mais aussi, et cela est certainement moins connu, grand collectionneur. Pourtant, rien ne prédisposait "le Duc" comme l'appelait ses ouvriers, à se passionner pour les arts du Moyen Age. Rien non plus ne l'appelait spécialement à venir en Anjou. Comment, dans une vie de création aussi bien remplie, et de voyages incessants dans le monde entier, il était le seul commercial d'E.C.L., comment a t'il pu trouver encore le temps de rassembler une superbe collection sur les arts du Moyen Age ? Les premiers achats datent des années quarante. Petits objets pour petits moyens. Premières enchères à Drouot, achats aux Puces : un tirage en bronze du Voltaire de Houdon, des tanagras en terre cuite, statuettes grecques des 4ème et 3ème siècles avant J-C. Le patron disait : "C'est toute une civilisation, tout un monde qui vient près de vous" et qui le faisait rêver car, disait-il, "l'homme n'est pas fait pour s'abîmer dans des réflexions technologiques interminables." Regrettant que beaucoup de cadres manquent de culture, il dévore quant à lui les livres qu'il achète à foison chez les bouquinistes de Lille. Des livres de l'histoire de l'art mais aussi de littérature : c'est un grand admirateur de Georges Sand, de Balzac, de Colette, des poètes du 19ème siècle. Avec le succès de son entreprise, ses moyens financiers lui permettent, à partir des années cinquante, mais surtout de 1970, des achats de plus en plus importants, achats internationaux, objets de rang international. Il s'attache les conseils d'un jeune antiquaire, Philippe Carlier. Tous les arts sont réunis : bronze, céramique, dinanderie , émail, ferronnerie, gravure, ivoire, arts du livre, enluminure, ébénisterie, orfèvrerie, peinture, sculpture, tapisserie, textile, vitrail. Au total neuf cents objets qui formeront le testament d'une vie dédiée à la technique et aux Arts.
Mais quel écrin choisir pour de pures merveilles : Vierge de l'Annonciation siennoise en bois polychrome du début du 15ème, grande Bible enluminée sur vélin de la fin du 12ème, précieux incunables, premiers livres imprimés, du 15ème ? Ce sera Villevêque, en Maine et Loire, modeste château bâti et rebâti pour plusieurs évêques d'Angers. Pourquoi Villevêque et l'Anjou ? Histoire d'un coup de foudre pour une tapisserie de Tournai vue dans le magazine "Demeures et Châteaux", la fameuse Condamnation de banquet du début du 16ème siècle. Aussitôt Daniel Duclaux est attiré, visite et, après trois années de contacts variés, il se rend propriétaire des lieux. Nous sommes en 1979. Dernière étape, le vœu le plus cher du collectionneur : créer un musée sur place pour partager ses passions. Sa retraite prise en juin 1981 va lui laisser plus de temps mais ce ne sera pas suffisant. Daniel Duclaux décède en 1999, son épouse en 2002.
Louis COUPEZ, Si vos vacances vous emmènent en Anjou, n'hésitez pas à visiter le château-musée de Villevêque. Le prix est modique, la visite peut être agrémentée d'un parcours commenté intitulé "la passion d'un collectionneur".
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