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Son fondateur, Daniel Duclaux, naît à Paris le 7 août 1910. Les grands parents sont des auvergnats "montés" à la capitale, son père, mécanicien, tient un garage à Vincennes. De lui son fils gardera le goût pour la mécanique. Enfant curieux de tout et doué, il va s'intéresser très vite à toutes les innovations technologiques qui apparaissent avec le siècle naissant. Très bon élève, il se dirige vers l'école des Arts et Métiers de Paris. Le concours d'entrée qu'il passe en 1927 ne devrait être qu'une formalité mais un deux en math lui est fatal. Après explications, il apparaît que le correcteur avait simplement omis d'inscrire un zéro derrière le deux ! Daniel Duclaux, dont la famille est peu fortunée, va financer ses études en décrochant un emploi de conducteur de tramway avant de sortir major de la promotion 1936. La recherche d'un emploi ne lui pose alors aucune difficulté et, bientôt, il entame sa carrière au bureau d'études chez Daydé, une prestigieuse société de constructions métalliques . Quelques années plus tard il entre chez Bréguet mais les conditions de travail ne vont pas le satisfaire totalement.

Pont de La Roche Bernard (56) construit par les établissements DAYDE en 1911. Cliquez pour agrandir...



Pont de La Roche Bernard (56) construit par les établissements DAYDE en 1911.


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Il est bientôt contacté par une entreprise lilloise à la recherche d'ingénieurs. Paindavoine, entreprise familiale de constructions métalliques, emploie à l'époque plus de cinq cents ouvriers à la construction de grues et de bâtiments . Deux bureaux d'études performants, société prospère, elle est l'une des seules à travailler à l'arc électrique et certains de ses chantiers lui valent une grande notoriété. Duclaux n'hésite pas et se lance bientôt à la découverte d'une région inconnue, de ses hommes et de leur façon de travailler. Mais avant il est mobilisé, c'est la guerre. Démobilisé en été 1940, il arrive dans le Nord peu après les Allemands. La région occupée échappe complètement à toute juridiction française puisque rattachée à la Belgique mais Paindavoine arrive à poursuivre son activité et à préserver ainsi des emplois. Le jeune ingénieur va poursuivre son apprentissage et dessiner, entre autres des grues pour le port sinistré de Dunkerque. Bientôt promu chef de bureau d'études, il occupe une position de pointe dans la société qui vit tant bien que mal, la pénurie de métaux rendant très difficile la réalisation de certains projets.

Avec la libération de la région en septembre 1944, puis la fin des combats en mai 1945 Paindavoine va bénéficier d'une véritable occasion de refaire surface : la région doit se relever de ses ruines. Mais cela se fera sans Daniel Duclaux. Le décès du fondateur en 1945, et des problèmes familiaux qui en découlent le placent dans une situation inconfortable. En 1947 il décide de fonder son entreprise. Fort de son expérience acquise dans le domaine de la mécanique et de la charpente métallique, sans argent mais avec beaucoup d'idées, des relations, de l'ambition, Duclaux mûrit son projet. Son premier objectif est la création d'un bureau d'études capable de répondre à la demande des Ponts et Chaussées, des Chambres de Commerce et des entreprises désireuses de faire redémarrer l'économie régionale au plus vite. Robert Debuire, ingénieur charpente chez Paindavoine, le rejoint et apporte la moitié du capital de la société qui prend le nom d'E.C.L., Electrification Charpente Levage. Société officiellement enregistrée le 5 septembre 1947 et qui s'installe au 196 rue du faubourg de Douai à Lille dans une maison particulière. Les premières commandes proviennent des relations nouées chez Paindavoine avec les Ponts et Chaussées. Le port de Dunkerque sinistré est le premier à profiter du savoir faire de la société : électrification de grues, d'écluses et montages de grues, de chemins de roulements et ponts tournants. Car le savoir faire, Duclaux le possède, comme la faculté de proposer des solutions novatrices, ou sa capacité d'imagination créatrice dans le domaine technique, toutes ces choses qui vont permettre à E.C.L. de semer sur sa route, et au fil des décennies, des produits de qualité connus et reconnus dans le monde entier. En 1948, alors qu'E.C.L. commence juste à vivre, un constructeur américain d'appareils de levage, de passage à Dunkerque voit les premières grues E.C.L. et contacte le fabricant qui accepte de partir trois mois aux USA pour révéler ses secrets de conception. En échange d'une confortable somme d'argent aussitôt réinvestie dans la société. E.C.L. se refuse à se cantonner à un seul type d'activité et se sent prête à s'engager sur d'autres marchés. Mais deux obstacles se dressent devant elle : la société paraît trop petite pour assumer des projets d'envergure et sa jeunesse ne plaide pas en sa faveur. Le plan Marshall, destiné à reconstruire l'Europe de l'Ouest est une manne financière qui va permettre à l'Etat français d'engager de vastes chantiers. E.C.L. profite de cette opportunité exceptionnelle de développement. En effet, les commandes ne tardent pas à affluer : ports de Dunkerque à nouveau et port fluvial de Lille.

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