Le 8 mai 2005 les monuments aux morts du cimetière de Faches ont été inaugurés une seconde fois. Alors qu'à l'époque seuls les enfants de Faches avaient eu leurs noms gravés, la municipalité a décidé d'y inscrire ceux de Faches et ceux de Thumesnil. Ils sont un peu plus de 400, tués de la guerre de 1870, de celles de 14/18 et 39/45, des guerres coloniales de la IIIème République, d'Indochine et d'Afrique du Nord. Ce travail a pu être mené à bien grâce aux recherches menées depuis 1999 tant aux archives municipales et départementales qu'à l'état civil de la ville et plus récemment sur Internet. Nos travaux ont permis de vérifier, de rectifier et de compléter les listes. Ainsi pour 1870/1871, un nom était mal orthographié, un autre absent et un troisième gravé à tort puisque le conflit n'était pas le bon ! Pour ce qui en est des guerres coloniales, nous avons trouvé quatre identités alors qu'aucun nom n'avait été repris. Pour 14/18, nous avons ajouté dix victimes civiles et vingt deux noms de soldats non gravés bien que cinq d'entre eux figuraient sur la stèle de l'église Ste Marguerite ! Les grands blessés décédés après l'armistice n'ont jamais été inscrits, ils sont quatre. Enfin, l'orthographe a été rectifiée pour six noms et quatre prénoms. Pour la seconde guerre mondiale, onze noms ont été ajoutés, un autre fut supprimé car gravé à tort. L'orthographe de cinq noms a été rectifiée. Pour l'Afrique du Nord, quatre noms ont été rajoutés. La liste des "Morts pour la France" devrait bientôt figurer sur le site Internet de la ville à la demande de Monsieur le Maire, en hommage et pour aider les généalogistes. Un double de toutes nos fiches a par ailleurs été déposé en Mairie.

Au départ il s'agissait seulement d'enquêter sur les morts de 14/18. Un peu par curiosité, beaucoup pour tenter de rendre un hommage. Peu à peu les recherches furent approfondies. Découvrir qui furent ces hommes et comment ils sont morts, où et dans quelles conditions. Comment ensuite on a pu les oublier. Il s'agissait de les réhabiliter, de leur redonner un corps, une vie. Ils sont agriculteurs, valets de ferme, ouvriers, on trouve même un pharmacien et un instituteur. Beaucoup sont jeunes, certains ont une femme, des enfants. Ils vont mourir au front. Tenter de retracer l'histoire de cette guerre qui les a engloutis. Cette guerre que beaucoup méconnaissent, tout le monde vous citera la bataille de la Marne, Verdun, la Somme mais cette guerre ne s'est pas limitée à ces hauts lieux de notre mémoire. Ces soldats se sont lancés dans une aventure dont ils ignoraient la démesure, ils vont apprendre l'horreur, les tranchées, la vermine, ,les combats au corps à corps, les gaz. Tout est passionnant dans cette recherche (je ne parle pas au passé car rien n'est achevé même si les victimes sont toutes identifiées) : la part humaine, la part documentaire avec cette réflexion sur ce qu'est une nation et sa raison d'être. Parce que il est juste de considérer ces hommes dans leur temps. Du premier conflit mondial, nous nous sommes vite aperçus qu'il était nécessaire d'aller plus loin dans nos recherches, recherches qui ont le mérite de bien avoir aidé la Municipalité.

Didier Lherbier

La liste complète des personnes recensées est disponible en cliquant ici...