Pour beaucoup, c'était l'année de la capitulation de l'Allemagne signée le 8 mai dans une salle de classe de Reims. Pour nous, c'était la joie dans la rue, dans les cœurs après celle de la Libération, le 2 septembre 1944, à Faches-Thumesnil.

Mais cette liesse de la foule a eu son revers. Bientôt la mélancolie et le chagrin allaient être le lot d'une certaine partie de la population. Des êtres chers vont rentrer par trains entiers : prisonniers de guerre, hommes soumis au Service du Travail Obligatoire, mais aussi ceux libérés des camps de concentration, le corps décharné, les yeux hagards, souvent vêtus d'un costume rayé. La presse a largement fait état de ceux-ci au cours du mois de janvier dernier avec la citation de nombreux témoignages poignants et le récit du déroulement de diverses cérémonies principalement avec la célébration du soixantième anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz et l'inauguration à Paris du Mémorial de la Shoah. Je ne voudrais pas non plus oublier ceux dont l'être cher n'est pas revenu pour des causes diverses dont la raison sera connue ultérieurement.

Je voudrais simplement ouvrir un volet et formuler une pensée sur ceux rentrés tardivement. Pour avoir été transplantés dans des pays comme l'Est de l'Allemagne, la Pologne, des contrées sous le joug allemand mais libérées par l'avance de l'armée russe. Le rapatriement de ces prisonniers s'effectuera tardivement.

C'est ainsi que Faches-Thumesnil accueillit son dernier prisonnier, Monsieur Henri Plancq.


L’accueil à l’entrée de Faches : toute une population se presse pour apercevoir l’ex-prisonnier à sa descente de voiture.

Son retour au bercail donna lieu à une cérémonie suivie par une partie de la population. Nous en avons pour preuve une série de six photographies, elles illustrent cet article, qui nous ont été communiquées par son frère. Henri Plancq venait d'Odessa, principal port de l'URSS (Ukraine) sur la Mer Noire. Ce qui permet de supposer l'important périple effectué au sein de ce grand pays pour pouvoir être rapatrié en France.


Le cheminement du cortège vers le centre de Faches.

Les diverses photographies illustrent l'accueil à l'entrée de la commune, le défilé d'accueil dans la rue Edouard Vaillant, la cérémonie sur la place de l'église Sainte Marguerite et le dépôt d'une gerbe au monuments aux morts situé dans le cimetière de Faches. La foule est nombreuse. Peut-être certains se reconnaîtront ou identifieront des connaissances. Les photographies de la rue Edouard Vaillant et de la place de Faches ( qui n'avait pas encore un nom propre ) donnent un aperçu d'un coin de la ville à cette époque, à comparer avec aujourd'hui.

L'association sera toujours reconnaissante de connaître des réactions de lecteurs.

G.-J. Lustremant